[K-Drama] Joseon Gunman : une vengeance qui fait parler la poudre

Il y a de ces séries qui, dès leur annonce, provoquent une anticipation fébrile. On guette les annonces de casting, les premières images et trailers et on trépigne en se disant que c’est peut-être le divertissement épique qu’on attend depuis longtemps. C’est ce qui s’est un peu passé avec Joseon Gunman. Doté d’un casting en béton, d’une identité visuelle qui s’annonçait de toute beauté et d’un pitch alléchant, le drama avait tout pour réussir et j’étais prête à l’accueillir comme il se devait.

Joseon Gunman est un drama sud-coréen diffusé sur KBS2 entre juin et septembre 2014.
Appartenant au genre du sageuk (drama historique, à l’instar du jidai-geki japonais), le drama nous entraîne vers la fin de la période de Joseon, précisemment en 1876. Le roi Gojong règne sur un pays en plein tumulte, s’ouvrant peu à peu au modernisme apporté par les occidentaux et le Japon et tiraillé par les deux factions qui se disputent le pouvoir : les Sugu (parti conservateur) et les Kaehwa (parti progressiste).
C’est dans ce contexte historique complexe que nous faisons connaissance avec notre héros, Park Yoon-kang, un jeune noble désinvolte et habile épéiste qui profite de la position de son père en tant que Capitaine de la Garde Royale pour mener la grande vie. Mais l’insouciance prend fin abruptement lorsqu’un mystérieux tireur d’élite fait son apparition, assassinant une à une les têtes pensantes de la faction des Kaehwa. Le père de Yoon-kang, enquêtant sur l’affaire, meurt brutalement des mains de ce même assassin et par un cruel jeu de manipulation est déclaré comme l’auteur des meurtres. Et comme si cela ne suffisait pas de devenir un traître de la nation à titre posthume, son fils Yoon-kang est condamné à mort et sa fille Yeon-ha réduite en esclavage. Yoon-kang parvient à fuir et après plusieurs années d’exile au Japon il revient en Corée en se faisant passer pour un marchant japonais du nom d’Hanjo. Laissant de côté l’arme blanche pour l’arme à feu, Yoon-kang est déterminé à obtenir vengeance et à laver l’honneur de son père une bonne fois pour toute.

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Dès la diffusion des premiers posters promotionnels et divers visuels on était en droit d’attendre du drama une direction artistique et une réalisation soignées : pari gagné, le drama est de toute beauté. Costumes magnifiques, reconstitution historique minutieuse, c’est un véritable festin pour les yeux. Les acteurs ne sont pas en reste et tous offrent une prestation solide si ce n’est plus.

Lee Jun-ki incarne le héros rongé par son désir de vengeance avec passion. L’acteur, adepte de plusieurs arts martiaux, effectue lui-même ses scènes d’actions et cascades. Un plus qui rend l’immersion d’autant plus agréable.
Que serait un bon drama sans son histoire d’amour contrariée ? Soo-in (Nam Sang-mi) est la jeune femme éprise de notre héros. Fille unique, éduquée selon les principes du courant progressiste Kaehwa, Soo-in est curieuse de tout et étonnement débrouillarde pour une femme de sa condition. Courageuse et pleine d’idéaux, elle est l’incarnation de la vertu et sert de compas moral à notre héros, l’empêchant d’être consumé par la haine et le remettant sur les rails lorsqu’il s’égard. Soo-in est un personnage très positif mais son rôle est malheureusement assez limité et j’aurais aimé la voir un peu plus active et proche de l’action.
Le sageuk possède ses propres tropes et clichés du genre et si Joseon Gunman arrive à les éviter plus ou moins (ou au moins à faire passer la pilule avec classe), il y en a qui ont la vie dure. Du côté des méchants on retrouve donc la sempiternelle figure du patriarche machiavélique, en général un vieux croulant qui parle par énigmes et rit dans sa barbe. Il s’agit plus d’un outil narratif qu’un véritable personnage mais heureusement, s’il tire bien quelques ficelles, ce n’est pas lui l’antagoniste principal de l’histoire.
Yoo Oh-sung incarne Choi Won-shin, l’ennemi juré de Park Yoon-kang. L’acteur fait preuve d’une intensité incroyable dans son jeu et fait de son personnage un méchant tout en nuance, à l’histoire et aux motivations complexes et passionnantes. Sa relation avec sa fille Hye-won (Jeon Hye-bin) est fascinante, forte et touchante. Hye-won est un personnage tout aussi passionnant. Forte, déterminée, elle n’a pas froid aux yeux et n’hésite pas à prendre les devants et à se mettre dans des positions plutôt réservées aux hommes. En un mot, Hye-won est complètement badass. Son charisme est tel qu’elle vole la vedette sans difficulté à Soo-in et si elle n’avait pas choisit la voie du « mal » elle aurait pu faire une héroïne flamboyante.
En dehors de ces quatre protagonistes que l’on peut considérer comme le cœur du drama, la galerie des personnages est conséquente et à peu d’exceptions près réussie. Certains apportent une touche un peu plus légère comme le sidekick Sang-chu ou l’ami de Yoon-kang devenu policier aux compétences assez douteuses. Ces personnages offrent quelques respirations comiques bienvenues à une histoire autrement sombre et tragique.

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Qu’en est-il de cette histoire justement ? L’intrigue démarre avec un bang! et nous laisse peu de temps pour respirer, entre coup d’états, complots et jeu du chat et de la souris. Le drama est palpitant, l’action haletante et c’est avec plaisir que l’on enchaîne les épisodes. Malheureusement, le tableau est un peu assombri par une deuxième partie moins bien menée qui se révèle assez décevante.
En effet, l’histoire s’essouffle à mi-chemin et l’auteur se met alors à recycler ses intrigues. Si le contexte change plus ou moins, c’est tout le temps le même refrain et l’ennui vient alors pointer le bout de son nez. Yoon-kang est pourchassé, Yoon-kang doit sauver sa soeur ou bien Soo-in (voire les deux), Yoon-kang est acculé puis reprend l’avantage etc etc. L’intrigue stagne et on a l’impression de faire du sur-place pendant plusieurs longs épisodes. Pour ne rien arranger à l’affaire, la chaîne a décidé d’octroyer deux épisodes de plus au drama que ce qui était prévu, passant de 20 à 22 épisodes. Un procédé assez courant mais qui fait souvent plus de mal que de bien. L’histoire aurait largement gagné à être plus condensée, et c’est en traînant des pieds que j’ai enchaîné les épisodes restants. Le drama se réveille cependant sur la fin et offre deux épisodes finaux remplis de rebondissements et de retournements tragiques pour nos personnages.

Au final, Joseon Gunman est un drama de qualité entrelaçant de véritable faits historiques avec la quête plus intime d’un héros qui s’élèvera au delà de sa soif de vengeance pour porter la voix du peuple. L’enthousiasme des débuts est malheureusement mis à mal par une seconde partie qui brise le rythme et la tension si bien instaurée auparavant  et qui empêche le drama de rentrer dans la cour des grands. À vous de voir si vous avez la patience de tenter l’aventure. Malgré ses failles et la déception face à ce que ce drama aurait pu être, il mérite qu’on y jette un œil voire même deux !

Joseon Gunman, Corée du Sud, 2014. 22 épisodes, 60 minutes.
Avec Lee Jun-ki, Nam Sang-mi, Han Joo-wan, Jeon Hye-bin, Yoo Oh-sung, Lee Min-woo

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