[Lecture] Les délices de Tokyo

Si vous êtes comme moi et que vous appréciez le cinéma japonais, le titre Les Délices de Tokyo vous aura peut-être mis la puce à l’oreille : il s’agit d’un film de Naomi Kawase sorti en 2015. Mais ce que j’ai découvert cet été au gré de mes pérégrinations en librairies, c’est qu’avant le film, il y avait un livre de Durian Sukegawa.

Résumé : « Écouter la voix des haricots » : tel est le secret de Tokue, une vieille dame aux doigts mystérieusement déformés, pour réussir le an, la pâte de haricots rouges qui accompagne les dorayaki, des pâtisseries japonaises. Sentarô, qui a accepté d’embaucher Tokue dans son échoppe, voit sa clientèle doubler du jour au lendemain, conquise par ses talents de pâtissière. Mais la vieille dame cache un secret moins avouable et disparaît comme elle était apparue, laissant Sentarô interpréter à sa façon la leçon qu’elle lui a fait partager.

Les Délices de Tokyo est un cours roman (220 pages) qui se lit très vite, à intercaler idéalement entre deux pavés d’une grosse saga. Je l’ai lu cet été sur la plage alors que je m’enquillais Les Aventuriers de la Mer de Robin Hobb (bientôt terminé yeaaaah \o/) et ça a été la lecture parfaite pour me changer un peu d’univers.

Le roman a une tonalité douce-amère tout le long, ce qui en fait une lecture touchante sans en faire des caisses niveau pathos. On suit le parcours de deux personnages (2 ½ si on compte la collégienne qui est bien moins mise en avant dans le récit) isolés chacun de leur façon de la société. La vieille Tokue, confinée presque toute sa vie aux frontières de la société et le bourru Sentarô vont finir par s’apprivoiser et guérir les blessures de l’un et de l’autre grâce à la cuisine. Les petites pâtisseries à la pâte de haricot rouge sont au cœur du récit et vont permettre à Tokue de retrouver un semblant de liberté  et à Sentarô de faire la paix avec son passé et aller de l’avant. A cela s’ajoute la collégienne Wakana, qui fuit une situation parentale difficile et qui trouvera du réconfort dans les dorayaki confectionnés avec amour par Tokue.

Ayant vu le film avant de lire le livre, je n’ai pu m’empêcher d’avoir les images en tête tout au long de ma lecture. Il faut dire que le film est très fidèle et je dirais même qu’il transcende son matériau d’origine. Seule la fin change un peu et c’est tant mieux car celle du film m’a plus touchée.
Ceci dit, en essayant de mettre de côté l’influence du film, Les Délices de Tokyo est une petite lecture pleine d’espoir et de saveurs. Les personnages sont touchants et les passages sur la confection des dorayaki donnent l’eau à la bouche. Et pour en avoir déjà goûté (des industriels mais bon, en France difficile de trouver mieux), je sais que c’est très bon !
A travers l’histoire de Tokue, on en apprend aussi un peu plus sur un pan de l’histoire japonaise méconnue des Occidentaux, aux alentours de la Seconde Guerre Mondiale.

Mais je n’en dis pas plus, et je vous laisse découvrir le monde des dorayaki par vous-même.
A déguster autant sur le papier qu’en image !

Les Délices de Tokyo, Durian Sukegawa. Japon, 2013, 224 pages. Albin Michel / Le Livre de Poche.

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